Dès la gueule de bois du 1er janvier 2011 passée, une question me trottait dans la tête : comment égaler le cru 2010 ? Dès premiers albums très convaincants (Twin Shadow, Warpaint, Agnes obel, l’EP de Spectrals) aux confirmations vitriol (Arcade Fire, Radio Dept, Deerhunter, Black Angels), en passant par deux chefs d’œuvre (Teen Dream et The Age of Adz) il y avait de quoi faire. Au bout du compte 2011 ne sonne pas pareil : des énormes ratés (Kills, Strokes, Radiohead) à ce qui ne m’a pas vraiment touché mais dont il faut reconnaitre le bon fond (Girls et Real Estate), il y a aussi eu quelques valeurs sûres dont on hésite à dire du bien sans pour autant pouvoir en dire du mal non plus (Explosion in the Sky, The Black Keys, Alela Diane). Il faut au final placer 2011 sous le signe de l’espoir tendance humble. Des albums à prescrire il y en a, des artistes à encourager aussi mais dans la fournaise que sont les sorties (ce qui vaut aussi pour le cinéma et la littérature) il est toujours difficile de finir une année en espérant avoir tout bien entendu.
Comme je n’ai pas le temps d’écrire des éloges téléphonées, rabâchées et insipides concernant tout ce beau monde, exemptés pour l’apogée studio de Braids et l’orgasme live de Sufjan Stevens, voici un bref récapitulatif 2011. Bredouiller des écrits pseudo-journalistiques, presque dix ans après avoir vomi mes premières lignes, m’intéresse de moins en moins. Il est temps, comme cela bouillonne depuis plusieurs mois (années ?), de passer à autre chose de plus concret. Dont acte, 2K12.
Meilleurs albums
Braids – Native Speaker

Même s’il n’y a pas un ordre particulier pour ces albums de l’année, Native Speaker sort de loin du lot comme l’album le plus abouti, le nec plus ultra de la quintessence auditive, bref, l’élite de la crème et il y a peu de chances pour que je m’arrête là avec les adjectifs mélioratifs (tout en restant objectif). Alors que beaucoup prédisaient un avenir vite devenu trop hype, il ne figure au final dans aucun bilan de fin d’année, les rédactions étant trop occupées à se masturber les tympans sur des valeurs vendeuses. L’originalité de l’album et surtout la confiance que les canadiens ont accordé à leur son fait pourtant de lui la perle 2011 à tous les niveaux.
La bande venu de Calgary se lance dans les environs de 2008, enregistrant quelques titres et performant sur la scène canadienne sous le nom de The Neighborhood Council. De là sort le premier EP, Set Pieces, et à peine une semaine plus tard, les membres changent leur nom en Braids. Avec des titres comme la longue balade Liver and Tan et les percussions de She Brave Soul, et malgré un ou deux virages mal négociés dans « l’électronique expérimentale » (l’interlude de Marlin) et un léger manque d’expérience dans la production, ce premier EP annonçait déjà la couleur d’un très bel avenir. Délocalisé à Montréal avec un bonne dose d’optimisme c’est Kanine Records (et Flemish Eye au Canada) qui flaire le bon coup et sort l’album le 18 Janvier dernier. Sur le papier, le projet ne s’annonçait pourtant pas plus stable que Set Pieces : 500$ de production pour une bande encore peu expérimentée qui veut garder le contrôle sur son bébé. Le résultat est pourtant plus mature et l’intégralité de Native Speaker est dotée d’une ambiance riche, sur une base d’instruments simple (guitares/basse/claviers/batterie) mais utilisés d’une manière telle, allant se perdre par petites touches dans des titres rarement en deçà des cinq minutes et dominés par la voix magistrale de Raphaelle Standell-Preston.
Atmosphérique. C’est le mot qui résume le mieux le son du groupe. Si les prudes familles de dream-pop et space-rock ne suffissent pas à vous donner un thème, alors j’ose inventer le néologisme (et anglicisme) adjectif de shoegazosphérisme pour qualifier l’ambiance générale de cet album. On le comprend d’ailleurs dès l’ouverture sur les six minutes de Lemonade, lente montée en puissance calée sur un riff guitare en boucle avec percussions percutantes et intransigeantes, saupoudrée de choeurs mystiques qui donnent un titre pessimiste sur une certaine condition féminine, avec un second souffle à la cadence plus rythmée (all we really want do do is love, doucement priées puis suppliantes et martelées) et à la finition méticuleuse. Raphaelle Standell-Preston, la prêtresse (j’ose à peine, le qualificatif étant réservé à Victoria Legrand) est incontrôlable et imprévisible, elle fait pourtant parfois penser à la douceur de la norvégienne Rebekka Karijford. S’ensuit Plath Heart qui souligne encore l’importance de la base synthé/percussions, et dont les paroles ont un peu plus de sens quand on fait la relation avec l’écrivain Sylvia Plath. L’occasion de se rendre compte, comme tout au long de l’opus, à quel point le batteur Austin Tufts est doté d’un sens de la rythmique et d’une technique bien plus novatrice que ce que l’on trouve (de plat et redondant) dans le rock d’aujourd’hui (et pire encore quand l’homme est remplacé par une boîte à rythme). De leur génération, seule la batteuse de Warpaint, Stella Mozgawa (peu éloigné des 25 ans), semble capable d’instaurer un peu de variété dans le jeu comme cela est fait sur l’album Native Speaker. Il ne faut pas aller plus loin pour sentir le groupe se démarquer de ses premières influences revendiquées (Animal Collective), ou des références médiatiques stéréotypées comme Björk et Cocteau Twins. Une aura remplie de rêves (mais aussi de cauchemars) à l’image de Glass Deers et son intro troublante, la boucle du synthétiseur proche d’une alarmante sonorité, la douceur de paroles peu courtoises, dictées par un état second, des cris, la multiplication des toms (absence du timbre de la caisse claire), le bassiste Taylor Smith se joint aux percussions. Chanson en perdition, la longueur des titres jouant pour beaucoup dans l’implication de l’auditeur, pour peu que vous soyez sous le charme, l’album passera trop vite.
Il faut effacer tout ce que l’on connait de la pop traditionnelle pour y mettre les touches fraîches de contrées influencées par la noirceur d’un Canada double face et de ponctuations nordiques (façon musiques traditionnelles) avec une multiplication des couches mais pas sur la durée, seulement par petites touches. Le titre éponyme en est l’exemple le plus concret. De loin la plus troublante pour qui n’est pas habitué à des sonorités autochtones, absence de percussions et références multiples. Les oreilles les plus affutés y retrouveront les troublantes ambiances d’artistes comme Wimme et sa sonorité pure, issue de la population indigène des Sami, couvrant une bonne partie de l’extreme nord de la Scandinavie. Le temps s’arrête et invoque un imaginaire voué à la nature. Dialectes, onomatopées, le titre s’abreuve d’une mélodie minimaliste et étirée. La recherche de proximité dans une étendue regorgeant de sons est brillante. Hypnotique et sophistiqué, le I can’t stop it de Lamnicken culmine dans la pop expérimentale : timbre et organe de voix magistraux, même si des fois amorcés par un coup d’auto-tune, l’électronique est ici au service d’un doux arrière plan, présente par petits soubresauts. Oui, il est évident qu’à moins d’être doté d’une grande ouverture d’esprit il sera difficile de prendre cette album comme une source de jouvence quotidienne. Pauvre de toi, auditeur lambda. Mais c’est quand les sept minutes de Same Mum interviennent qu’on se rappelle que le groupe est encore terrestre. Au moins du point de vue lyrique, la thématique semble moins abstraite mais toujours aussi angoissée (My Sister came from the water, Stroked over my dead body, I don’t tell anyone incase they all leave, And what’s a dry mouth anyhow, When it all means nothing ) et domptée par une rythmique parfaitement cadrée, au retentissement prolongé dans une résonance infinie. Et encore une fois cette voix néo-psychédélique doublée, triplée, mêlée aux choeurs (auxquels tout le groupe participe), réverbération, écho et boucles soignées répondent à l’appel. Et même quand la guitare reprends ses droits c’est pour poser une mélodie charmante et sobre, pas un écart de conduite, simple piste d’atterrissage à une fin en forme d’incantations, à deux doigts de la sorcellerie ? Pour conclure vient Little Hand, une instrumentale d’un peu plus de quatre minutes (titre le plus court avec Plath Heart), tout en contrôle et en simplicité. L’ensemble s’accorde sans trop de soucis en oubliant un peu les boucles et concluant de la meilleure des façons un magistrale opus.
Le fameux test du deuxième album sera surement l’un des plus durs de cette décennie et pour patienter, un 45t sur Fat Possum Records avec Purity Ring en face B est sorti en Septembre, Peach Wedding. Des fusées comme celle-ci, au décollage canon vers une stratosphère où peu persistent, il y en a déjà eu quelques unes ces dernières années, certaines planent toujours (Beach House) et d’autres comme High Places, après son premier album, se sont vite retrouvées comme la mission Challenger. Souhaitons à Braids de nous faire partager plusieurs tours d’orbite, je lui souhaite un avenir parallèle à un bon vin, quand je pourrai dans quelques années, poser le vinyle sur la platine en prenant mon assemblé d’un air hautain, « ah oui, c’est un Braids, grand cru 2011″.
ST. Vincent – Strange Mercy

Connan Mockasin – Forever Dolphin Love

Matt Berry – Witchazel

Kurt Vile – Smoke Ring For My Halo

Still Corners – Creatures Of An Hour

John Mauss – We Must Become the Pitiless Censors of Ourselves

Treefight For Sunlight – Treefight for Sunlight

Destroyer – Kaputt

Wild Beast – Smother

Meilleurs titres (les meilleurs albums ne sont pas pris en compte)
Terra Incognita - Atlas Sound
Sweetie & Shag (Featuring Kazy Makinor) – Battles
Grown Man – Jessica Lea Mayfield
Black Cloud – Mozart Parties
Lazy Bones – Wooden Shjips
Lullaby – Susanne Sundfør
Hey Sparrow – Peaking Lights
Amanaemonesia – Chairlift
Surfer’s Hymn – Panda Bear
Done Forever – Summer Camp
Get a Grip – Spectrals
Two Small Death – Wye Oak
Lonesome Hunter – Timber Timbre
Shadows on Behalf – The Stepkids
Love Like A River – Girls
Kinder Blumen – Real Estate
Tania Head – Skeletons
The Rip Tide – Beirut
Nightingale – Low
Free & Easy – Sudden Death of Stars
After The Moment – Craft Spells
Lofticries – Purity Ring
Surrender – The Duke Spirit
Meilleurs concerts
Sufjan Stevens – Olympia – 9 Mai
Chronique annexe à paraître prochainement sous le titre Sufjan Stevens prophète arc en ciel, ou : Comment DM Stith est devenu rentable en 2H25.
Joanna Newsom – Le Trianon – 25 Juillet
Contempler Joanna Newsom sur scène, c’est profiter d’une soirée précieuse, c’est assister à un concert fleuve, remplie des perles qui parcourent ses albums. Après la très bonne introduction folk de l’écossais Alasdair Roberts, la californienne se lance sans tarder dans les douceurs de son triptyque Have one on me, sorti en 2010. Il ne faut d’ailleurs pas longtemps pour conquérir un public courtois qui, après l’introduction sur 81, accueille volontiers la chanson éponyme du dernier opus. Elle se lance sans réfléchir dans les onze minutes de cette poésie féérique, dont notre subconscient se retient de verser une larme vers 8 minutes 30, lors de la seconde partie qui conclue la chanson. Sur Easy elle troque sa harpe pour le piano, constituant déjà presque l’apogée d’un quatuor troublant de fluidité et confirme toute la confiance que le dernier album a pu procurer. Il est temps de se donner complètement à la voix enfantine de la native de San Francisco, ou pas. En effet dès l’entré elle s’était excusée pour les réaccordements à prévoir à cause d’une harpe mal préparée. Elle tenta d’y remédier entre chaque chanson et ira donc jusqu’à prendre cinq bonnes minutes après Easy pour y remédier définitivement. L’occasion tout au long de la soirée de l’entendre aussi parler, échanger et nous présenter le trio l’accompagnant, voir même leur passer le relais pour des tentatives de blagues. Ces dernières étant moins maîtrisées par Neal Morgan que son assurance à la rythmique, souvent jouée avec des baguettes de timbales pour adoucir son jeu. Un moyen de mettre aussi en lumière la violoniste, et surtout Ryan Francesconi, dont la diversité d’instruments gérés par le guitariste fait plaisir à voir sur scène, quand on sait qu’il en enregistre la quasi totalité sur les albums.
L’interlude finit, c’est l’occasion d’un second souffle en troquant l’omniprésence de Have One On Me (dont ne se lasse pourtant pas) avec ses prédécesseurs, en commençant par le titre Cosmia extrait de l’album YS. Cette dernière couplée plus tard avec Monkey Bear rappellent que même ses plus timides chansons des deux premiers albums deviennent des titres peu éloignés d’une pop entrainante dont elle maîtrise maintenant le destin (elle
a produit seule Have A One On Me). L’efficacité restant la même quand quelques titres de son premier opus se font une place dans la setlist (Inflammatory Writ et Peach, Plum, Pear). Paisiblement assagie par le calme d’Autumn, quasiment esseulée à la harpe, la magnifique salle du Trianon est de nouveau secouée par la rythmique de Soft As Chalk, menée par l’ange blond, encore une fois au piano. Quand Joanna Newsom quitte le folk pour de la pop baroque c’est l’accord entrainant de Good Intentions Paving Company qui prends le dessus, en parfaite harmonie avec la batterie de Neal Morgan. Peu pressée de partir, elle conclura ces presque deux heures de concert par deux gâteries oubliées : Joanna charme jusqu’au bout de la nuit sur l’éternel Baby Birch, elle reviendra, seule cette fois, nous bercer avec Bridges and Baloons.
Même en ayant assisté à d’autres performances de déesses cette année (Jeanette Lindström, Agnès Obel, Rebekka Karijord) Joanna Newsom est la plus impliquée dans sa prose et dans son jeu. Des minettes vous transcendant, il y en a. Des comme ça, pas deux.
The Duke Spirit – Nouveau Casino – 10 Octobre
C’est peu dire que The Duke Spirit ne provoque qu’un faible coefficient de remous au près d’un public généralement galvanisé par une FM redondante, ou par certains amoureux d’un genre « rock » qui se veut maintenant dispersé dans tellement de familles, qu’aujourd’hui il est de facto difficile de tout suivre. Pourtant la formation anglaise
menée par Liela Moss et soudée depuis leurs études communes en arts a pointé le bout de son nez en 2003 avec le très vivifiant Cuts Across The Land. Huit ans sépareront leur deuxième album, Neptune, du troisième et dernier (Bruisier), sorti cette année. Une leçon pour ces chers autres groupes hype qui pourraient largement éliminer un album de leur discographie depuis dix ans (Strokes, Kills, Black Keys et j’en passe). Après le départ de Dan Higgins à la fin de l’enregistrement (anarchique) de l’excellent Neptune et une longue tournée, le groupe n’a pourtant pas souffert des différents éléments extérieurs qui pourraient alterner le son d’un album, notamment dans sa production. Au final les trois opus sont dans le même esprit, presque indissociables. Et cela se ressent d’autant plus sur la scène du Nouveau Casino où dès l’ouverture l’atomique Cut Across The Land (de l’album éponyme) lance les hostilités. Mais c’est bien le dernier album qui impose la cadence et continue la déferlante de puissance (Cherry Tree, Procession), allant même jusqu’à donner au groupe certains airs de Nine Inch Nails. Paradoxalement, même dans un registre plus calme la formation sait y faire. Sur Vilain au piano, un ange passe et même s’il serait osé de parler de calme, le groupe en profite pour descendre le rythme (Dont Wait et Nortbound).
Après trois albums le groupe londonien s’affirme donc comme une valeur sûre et comme le rejet d’une vague déjà lointaine, perdu entre Yeah Yeah Yeahs et The Kills. Si la troublante Liela Moss a l’énergie conjuguée des deux filles des groupes précédemment cités, elle est encore plus vivifiante que Karen O et surtout beaucoup plus éloignée de la hype que VV. Si la pop anglaise semble en berne depuis plusieurs années, la puissance brut de The Duke Spirit, elle, maintient bien le cap. Ce n’est pas via une lecture shuffle que l’on voit sa diversité mais bien en concert, car comme les Black Angels ou le BRMC (s’ils ne jouaient rien de Howl), le son reste le même, reconnaissable entre mille. Mais le groupe sait aussi nous rappeler qu’il n’enchaine pas juste titres sur titres, tombant dans une monotonie lassante, grâce aux riffs efficaces de You Really Wake Up The Love In Me et Love is An Unfamiliar Name. La veste tombe sur This Ship Was Built To Last, les bras (nus) et la fougue restent. Un concert finalement sans surprises mais qui révèle la force du groupe : sa cohérence, ce qui donne des regrets quand toute la discographie n’y passe pas, notamment leur premier single Bottom of the Sea / Darling You’re mean. On se console avec Fades The Sun et Red Weather, qui finissent d’achever un set épuisant, façon intense effervescence.
Rathaus, je ne peux me retenir de penser à la percutante force réaliste que fût le premier film de l’anglais Steve McQueen, sorti en 2008. Ce tag brut et sobre, inscrit dans la pierre, gravé dans l’esprit comme une onde de choc me le fait ressurgir, Hunger. Ce chef d’œuvre cinématographique (qui m’évoque au loin le Sult de l’écrivain Knut Hamsun) était alors l’occasion de se rappeler jusqu’où pouvait aller la relation entre un réalisateur et son acteur, et surtout de découvrir un nouveau duo capable de le maîtriser à la perfection. J’ai toujours aimé ne pas donner d’informations sur Steve McQueen aux gens à qui je parle de Hunger depuis deux ans, pour voir leur étonnement quand ils se mettent en tête le stéréotype d’un bel aryen perdu dans les années 60, et qu’ils voient débarquer nounours McQueen et son mètre quatre vingt dix, sa stature à la Shaquille O’Neal et son mood dominant, apaisé. L’anglais de quarante deux ans déçu par ses études d’arts et de cinéma réalise plusieurs projets restés confidentiels à la fin des années 90, voir inexistants dans le paysage français mais reconnus dans le monde anglophone. Œuvres vidéos en 35 mm, 16mm et Super 8 ; où il joue parfois (Bear,1993) dans un style art et essai muet (Deadpan, 1997 hommage au Steamboat Bill Jr. de Buster Keaton) et souvent projeté sur des murs. Dans un ton minimaliste, Drumroll (1998) le mène à Manhattan, puis il se retrouve en 1999 dans la shortlist du prix Turner aux cotés de Tracey Emin et le remportera, avant d’être décoré par la couronne il y a quelques mois pour ses travaux artistiques. Penché aussi du coté de la sculpture et de la photographie, il est envoyé en Irak en 2006 comme reporter de guerre par l’Imperial War Museum. Même si l’expérience n’est pas concluante d’un point de vue cinématographique, il en ramène Queen and Country, une commémoration via des photos des soldats anglais, les clichées étant utilisés comme support pour des timbres en circulations dans le pays. En 2007 Gravesend dénonce la production du coltan, l’or gris qui mutile le Congo. En plus de sa forte activité outre-manche et sa présence en Europe il arrive à se faire une place régulière à Paris et New York dans les galeries Marian Goodman.
A force de tâtonner et friand de se laisser aller librement il se sent l’envie de bifurquer vers le long métrage. Il fera cependant un crochet retour vers la vidéo de galerie en 2009 en représentant l’Angleterre à la biennale de Venise avec Giardini, œuvre sur la vie nuptiale des célèbres jardins de la ville italienne. Son implosion se fait à Cannes en 2008 (Caméra d’Or) avec Hunger et Michael Fassbender qui, on va vite le comprendre, va devenir pour lui une nécessité. Le lieutenant Archie Hicox que l’on croisera plus tard dans Inglorious Basterds de Tarantino est avec McQueen l’icône Bobby Sands, révolutionnaire irlandais à l’origine de la révolte de la prison Maze en 1981. Fassbender transcende le rôle allant jusqu’à réaliser la même grève de la faim de 66 jours (dont Sands mourra) et subir les mêmes pertes peut être pas psychiques mais au moins physiques. Quand à ceux qui vous demandent s’il y a un lien de parenté entre Fassbender et Fassbinder, ils se font rares. En 2006 l’acteur germano-irlandais campe sur les planches le rôle de Michael Collins, militaire actif au sein de l’IRA dans les années 1920 (mort à 22 ans), dans une pièce mettant en scène une conversation entre ce dernier et Winston Churchill. On y voit maintenant un prémisse de Bobby Sands et une légende comme quoi la mère de Fassbender serait une descendante de Collins. Qu’importe l’acteur marque les esprits crescendo (il incarnera le psychanalyste Carl Jung dans le prochain Cronenberg qui sort à la fin du mois de Décembre) et trouve dans Hunger une première collaboration avec un espace dans lequel Steve McQueen le laisse pleinement s’exprimer. Cette année le duo revient donc avec Shame. Les détracteurs pointeront encore du doigt une trame simple qui rabâche une idée jusqu’à nous l’enfoncer au plus loin ? Oui pour comprendre l’histoire
il suffit de lire le synopsis et oublier toute la complexité d’un récit comme Le Grand Sommeil ou une démonstration de rebondissements Scorsésien avec Les Infiltrés. Quelle importance quand on sait que le spectateur ressort marqué et pilonné par une image (un mouvement de résistance la première fois, une obsession la deuxième), si c’est ça le cinéma percutant d’aujourd’hui, alors qu’on l’enseigne ! Et de là à mêler l’utile à l’agréable, il n’y a qu’un pas, car comme il n’existait presque pas de documentations vidéos concernants les conditions des cellules à Maze, il n’y a pas encore eu de films traitants d’une telle façon le sujet de l’addiction sexuelle. Quand Hunger mettait en avant le corps comme arme (l’anorexie, les phalanges ensanglantées d’un gardien), Shame devient le film du corps comme défoulement (et pas seulement en couple, ou plus, mais aussi en solo).
collègue dragueur, sûr de lui et qui n’essuie que rarement un non de la gente féminine, qui traîne des giga-octets de contenus pornographiques sur son disque dur au bureau. La double identité, l’insuffisance mêlée à l’impulsion. Car si Shame semble plus ouvert aux moments de sérénité, que Hunger, ce n’est qu’une illusion. Un leurre qui, dissolu dans une réalité sombre, rappel que le plaisir est presque absent du film malgré les apparences. Le scénario suit son bonhomme de chemin, retravaillé avec Abi Morgan (The Iron Lady qui sortira en février prochain, la série The Hour diffusée cet été sur la BBC), il offre notamment le personnage charnière de Marianne (Nicole Beharie). Les rencontres sont physiques, le mental qui apparait dans la scène du restaurant est vite une partie perdue. Charmante collègue qui recherche l’engagement et la confiance quand Brandon le charmeur devient un peu maladroit et peut être trop direct, lui qui semblait être attiré pour autre chose qu’un traditionnel coup d’un soir.
ne semble pas si mal vivre) entre parties de Guitar Hero et baignades en piscines. Lui est perdu entre le classique clash opposant deux acteurs dont les personnages sont complices à l’écran (et pour les photographes) mais ne pouvant plus se piffrer en vrai, des sms d’insultes anonymes, le moulage de sa tête pour les besoins d’effets spéciaux et ses multiples connaissances féminines dont les regards en disent longs sur leurs (d)ébats nocturnes, chacune étant une possible substitution à la mère (temporairement ?) éloignée de Cleo. Certaines vues par la charmante jeune fille comme l’hypothétique implication difficile de la femme d’une nuit dans la vie d’un enfant. En fait il ne faut pas aller chercher loin, le spectateur est lui aussi très passif dans cette histoire, il faut se laisser entrainer par le spleen des deux acteurs dont l’alchimie fonctionne bien, l’insouciance de la jeune fille se répercutant dans celle du certain genre de célébrité qu’est son père.
perdu entre Bryan Ferry et Police, mais finalement le rabattage médiatique qui veut transposer le film au grand public utilise les mêmes artifices à chaque fois et cela en devient lassant. Une des alternatives aurait été de rythmer scénaristiquement les scènes entre les musiques, utiliser ce LA décadent qui n’est pas assez exploité, Johnny Marco étant plus dans une phase de spleen passive (et presque autarcique) que décadent. Le décor ne vit pas, il est le gras du bide, le mou de cette ambiance. Il y a (volontairement) des lacunes dans les rares informations qui sont données au spectateur, comme dans Virgin Suicide ou Lost In Translation il n’y a pas vraiment de notion d’époque, cela pourrait se dérouler n’importe quand et cette absence de repères dans lequel le duo d’acteurs virevolte peine à totalement convaincre. Au final le film n’est certainement pas désagréable, mais du rapport parent-enfant il en sort que Soffia Copola nous mène dans une tétralogie qui pourrait penser à se finir pour laisser place à autre chose (et c’est dire si elle peut voir large). Ou alors veut-elle s’ancrer dans une aventure autobiographique qui en dirait long sur la suite de son œuvre ? A voir.
copieusement arrosées). C’est l’histoire d’un destin précoce qui n’en a pas finit de grossir. C’est une querelle de gros sous autour d’un code, d’un algorithme et d’une idée. Pour le reste, le doute prendra le dessus. Il a permit de mettre tout le monde en relation en partant d’une base très 
parfait exemple d’échanges rapides, rythmés par une musique quasiment réglée au même niveau. Le spectateur est à proximité, il est vraiment dans la salle, une manière de nous mettre dans le coup. Entre soirées aux codes vestimentaires BCBG et nuits aux lignes de codes infinies il faudra choisir. Et comment ne pas souligner des dizaines de fois la collaboration sonore de David Fincher avec la patte de Trent Reznor (et hop, un Golden Globe) associé à Atticus Ross qui avait déjà travaillé sur l’opus de Nine Inch Nails 
soit dans les bruitages ou la musique, accompagné de Gaspard Augé. Dans ce théâtre de l’absurde, c’est une scène vierge de grands noms au casting qui s’offre à l’univers de Dupieux. Roxane Mesquida (Kaboom récemment, Sex is Comedy anciennement) est la Juliette de notre Roméo (ou Robert ou Rubber, peu importe) assassin. Mais la française, comme presque tous les acteurs du film, n’a pas un rôle mirobolant. Les personnages sont (par le peu de profondeur qu’il leur est accordé) diverses lignes narratives pour nous guider au pneu. On préféra s’attarder sur l’illustre shérif-metteur en scène-charlatan du No reason joué par Stephen Spinella (habitué des micros rôles de séries, un vague souvenir dans Harvey Milk) et son acolyte serviteur (interprété par Jack Plotnick) qui vient en vélo réveiller le public chaque matin pour la suite de la projection. Car oui le pneu vit, ressent et est doué de pensées. La force de faire évoluer un personnage anthropomorphe, caoutchouteux et de ne pas trop gêner le spectateur. Truffé de messages, quoique certains trop appuyés, le cinéma de Quentin Dupieux c’est aussi une autre image du cinéma français (même si tourné aux USA avec une majorité d’acteurs américains). C’est surtout de voir une mentalité dite française sortir des sentiers d’un cinéma pseudo socialo-réaliste avec des travaux comme Non-film, Steak ou maintenant
Rubber. Au-delà de l’aspect loufoque qui effrayera les moins curieux, aller voir le film est au moins une aubaine pour prouver que le sujet (donc le pneu et son histoire, sa mentalité, ses émotions) n’est pas pris à la légère. A défaut d’adhérer au concept d’une nouvelle approche de la série B, il est clair que les trucages mécaniques avec une légère dose de retouches numériques ne sont pas pour déplaire et évitent le piège du tout numérique. Au final des péripéties gores de notre assassin c’est une sensation mitigée qui ressort. Ça n’offense pas, c’est moqueur et ça a le mérite de se démarquer de ses inspirations. De là à adhérer, cela risque d’être toujours un peu compliqué pour le grand public en général. En fait, tourner une histoire au No reason comme il l’a fait cela s’est déjà vu par le passé (et parfois d’une bien pire manière) mais ici on accroche car l’exercice n’est qu’effleuré (1h25) et que l’inexistence de pressions et d’effets en tout genre mis sur les plans rendent la ballade désertique agréable. Sans en redemander, le film dose bien ses ingrédients qui en font tantôt une absurdité, tantôt un néo-roman noir simplet. Rubber pourra être apprécié de ceux qui ne sont pas venu voir des réponses, de ceux qu’il ne faut pas tenir par la main et surtout de ceux qui ne prennent pas le cinéma pour un divertissement, mais pour un exercice.
imaginaires sur les écrans français. Deux films, deux aventures qui traitent d’une certaine jeunesse avec tous les ingrédients habituels cuisinés par de beaux (et parfois énervants) acteurs dont le flegme résonne entre doctrine épicurienne et eudémoniste. Mais c’est avant tout une recette bien maîtrisée par les deux réalisateurs qui donne deux films plutôt bons, mais sans grosses surprises.
peut se trouver ailleurs et que le relais est déjà passé, rappelons que déjà, Godard n’est finalement pas venu à Cannes, mais que par contre se trouvait, à quelques grains de sables de là Gregg Araki qui se voyait remettre la première Queer Palm de l’histoire pour Kaboom. Alors quitte à laisser de coté les soixante-huitard qui sont de toute façon lassés de ce genre de films, autant mettre dans le même panier deux réalisateurs qui savent, avec peu d’erreurs, manipuler un certain regard sur la récente jeunesse, comme leurs ainés de la nouvelle vague, mais avec deux différences majeures : l’époque et le nihilisme politique.
Alors je me suis dis qu’effectivement le film pourrait être une sorte de Charlotte et Véronique sur le papier, ou un Jules et Jim dans l’idée. Mais là où beaucoup de spectateurs coincent, c’est dans le fait que Xavier Dolan soit, au naturel, ce beau prince poseur qui énerve, celui qui trempe tranquillement dans le bain cinématographique alors qu’il flirte depuis peu avec la majorité. Tombé dedans quand il était petit (son père est acteur), sa filmographie en tant que tel commence en 1994 dans des publicités québécoises. Mais Dolan n’a pour l’instant pas de réel semblable, il est quelqu’un d’autre, qui joue, qui produit, qui monte et qui supervise les costumes (important dans cette aventure rétro sixties aux allures d’aristocraties étudiantes), quelqu’un qui incarne une autre époque à un autre endroit, une autre génération avec sa propre vision et surtout un cinéma beaucoup plus miroir social qu’engagement politique. C’est peut être ce qui fâche, ce poseur. Xavier Dolan nous fait partager ici une scène quotidienne de sa vie québécoise, son mode de vie est ainsi. Au fur et à mesure des interviews et de ses rôles ont sent ce fix d’égo indéniable, mais cela devrait lui apporter plus une prise au sérieux réaliste qu’un avatar poseur. Ce n’est pas un hasard s’il s’est tatoué « L’œuvre est une sueur » (Cocteau, cité aussi dans le film), car même en nous abreuvant de clins d’œil et de citations (Audrey Hepburn adulée par le personnage de Nicolas, références à Koltès, Mirron, la scène chamallows pour Mysterious Skin de Gregg Araki et hommage lattant à Wong Kar-wai) il arrive à équilibrer nostalgie et contemporain. Vous l’aurez compris, l’univers du Québécois est parsemé de références et d’inspirations, mais aussi d’une ambiance conviviale due à la chaleur de ses scènes et au casting, son va-tout. Xavier Dolan confirme son talent d’acteur sans pousser alors
qu’indéniablement, Monia Chokri est percutante par ses mimiques théâtrales slowmotionées à la perfection. Pendant ce temps Neils Schendeir (n’)impose (que) par son attitude et son élégance sortis d’une scène volée à la chapelle Sixtine (ce qui est déjà pas mal, mais un peu récurent après son rôle d’amant joué dans J’ai tué ma mère). On apprécie la brève apparition d’Anne Dorval, la mère que l’on connaissait incompatible avec l’ado joué par Xavier Dolan dans son premier film et qui se transforme en parfaite complice du fils vagabond dans le rôle de la mère de Nicolas cette fois-ci. Au delà de ces scènes de passions un peu clichées qui peuvent irrité (dommage que vous ne puissiez pas suivre mon regard), les plus ennuyés trouveront un large réconfort dans cette langue cousine qui nous faisait déjà sourire dans le dramatique sujet de J’ai tué ma mère et qui nous divertira ici de très bonnes scènes sûr les problèmes sentimentaux tournées sous forme d’interview dans des bars (réalisation « amateur » déjà vu dans son premier film mais aussi chez Araki), avec des phrases tels que « Et puis il y a eu Noël avec tous les cousins et leurs ostie de blondes épaisses » ou encore « A un moment j’ai pesé send. Pas le temps de laisser mûrir les bananes, à un moment ça va faire ».
qui lancera plus tard, à Rex le précoce venant de jouir, LA réplique (« Tu rigoles ? J’ai eu des frottis vaginaux qui ont duré plus longtemps, t’a quoi, 14 ans ? ») en passant par sa meilleure amie Stella (Haley Bennet, excellente) lesbienne, insolente et franche, elle aussi forte en répliques claquantes et son colocataire Thor (Chris Zylka, le stéréotype parfait du surfeur façon Brice Dujardin) sur qui il fantasme. Tout ce petit monde va se plonger dans un délire psychotique mêlant scènes insensées et science-fiction apocalyptique. Mais Araki avait prévenu « j’ai fait ce film pour les fans de mon cinéma » et on le croit volontiers, si ce n’est que cette pop satyrique est moins sombre que la trilogie des 90’s car ses intonations romantiques, idéalistes et angoissantes sont plus calfeutrées. Le rythme et les dialogues sont provocateurs et crus, ici pas de chichi, mais ce franc-parler tend finalement plus vers la comédie que l’absurdité. Avec cette voix narrative qui constate les divers événements, ces plans actifs face à la caméra, ces « fuck » à longueur d’interrogation, pas de doute nous sommes dans l’univers Araki. Mais dans Kaboom la touche science fiction, déja amorcée avec Mysterious skin, Doom génération et Nowhere, est de retour pour nous dévoiler une ambiance light Lynch qu’on le soupçonnait capable de réaliser depuis un moment. Esthétiquement le plus abouti, il est aussi vers la fin le film le plus décalé tant les événements se précipitent en complot sectaire indéchiffrable.
vielle maîtresse (pour n’en citer que quelques un) elle est en ce moment aussi dans le très étrange Rubber de Quentin Dupieux. Kaboom est un film kaléidoscopique, toujours en mouvement grâce entre autres à sa bande originale adéquate : Explosion in the Sky, Ladytron, Interpol et Placebo, mais aussi The Horrors et Yeah Yeah Yeahs, inutile de vous faire un dessin. Il faut laisser à Araki le choix de nous montrer ce qu’il affectionne et ne pas allez voir le film sans être un minimum averti de son genre de cinéma (très personnel), se laisser guider et profiter, il n’y a en tout cas rien de désagréable, rassurez-vous. Il y a vingt ans Gregg Araki était en avance, aujourd’hui il est simplement à l’heure, et c’est encore suffisant.
nous est contée et dans laquelle on se perd, perturbé par le flou entre (légère) autobiographie, fiction et fiction dans la fiction. Membre de l’Académie française, il est aussi un grand spécialiste de musique baroque (sujet d’une bonne partie de sa bibliographie) et jouera avec les références du lecteur dans plusieurs domaines : Shakespeare, Courbet, Molière ou encore Millet et j’en oublie… Chaque regards posé sur les habitants qui l’entourent se transforme en une toile de maître, chaque dialogues autour du vendeur ambulant s’assimile un rôle, une aventure, un historique. Il nous perdra entre Versailles et le mont Ventoux, une gorgée de vin blanc et le voilà qui débite sur Pétrarque et (donc) Laure. Où en est-il ? Où va-t-il ? Le lecteur en arrive à se demander lui même, où en étais-je ? Ah oui, l’ambiance qui va se créer avec l’arrivé de la belle américaine, domptée par un être urbanisé jusqu’au cou et perdu dans ce monde rurale, ce qui introduira des scènes évoquant plus les sourires de Tamara Drewe que l’ambiance de Loin de la foule déchaînée.
dopant ou décevant, au moins assez important pour que la plupart des intéressés passent leur été à en débattre et fantasment jusqu’à la rentrée sur le début de la suivante. Alors que Fox en a fini avec 24 heures chrono et ABC avec Lost, les vacanciers accros à la télékinésie de Sylar ou aux « Yatta ! » scandés par Hiro Nakamura ont dû accepter la même finalité que pour les deux événements télévisés précédemment cités ; sur le fond certes (c’est fini) mais pas sur la forme : Angela Bromstad (présidente des divertissements prime time de la chaîne) annonçait cet été que ce qui aurait dû être la commande du chapitre final pour la rentrée n’aurait pas lieu. Mais alors que Lost et 24 heures chrono ont pu boucler leurs histoires (comprenez par là que les créateurs et les spectateurs n’ont pas été pris au dépourvu), Heroes en est encore loin. Beaucoup espéraient une bouée de sauvetage lancée par Tim Kring, le créateur de la série, mais il est aujourd’hui confirmé que ce qu’il pensait être un (télé)film de conclusion (en bonne et due forme) ne naîtrait pas, en tout cas pas sur NBC. La série, qui avait un fort potentiel à ses débuts, restera sur cette amertume laissée par les derniers volumes alors que Tim Kring avait sûrement un projet à beaucoup plus long terme qui aurait peut être pu redresser la courbe.
ses diverses références aux comics et son approche de l’actualité (menace sur New York et campagne présidentielle dans la première saison, propagation d’un virus dans la deuxième), les premiers épisodes avaient de quoi toucher diverses catégories de téléspectateurs et des bases pour fonder une intrigue intéressante à long terme. A double effets finalement, Heroes reçu par exemple (à l ’ « époque ») la plus haute note accordée à une série dramatique sur NBC depuis cinq ans alors que les Emmy Awards ont toujours boudé la série.
personnages concernant leur(s) pouvoir(s) : pourquoi les ont-ils obtenus, comment s’en débarrasser ou les contrôler et qui ou quoi en est à l’origine ? Malgré tout, et pour contrebalancer ce coté original, de longs dialogues parfois redondants (et peu utiles pour le scénario) viennent s’ajouter à quelques mises en scènes semi-moralistes, semi-pleurnichardes tout au long de la série. Cependant elle est très humaine et social, pour le genre. On parle souvent « d’humains évolués » concernant les personnages, s’approchants au mieux des X-men car ils n’ont pas de double identité, mais encore une fois, sans les costumes. Il est évident que cette facette donnait un avantage à la série pour le grand public voulant éviter une touche Stan Lee, tout en gardant de larges clins d’œil (et ils sont nombreux ! ) pour les puristes.
manque de temps accordé aux confrontations (mais cela permet aussi de ne pas lasser le grand public). Pourtant avec un peu de recul on peut en noter plusieurs : confrontations de mots (Nathan et Linderman, le personnage de Matt en général) mais aussi de pouvoirs (la tant attendue réelle rencontre de Peter et Sylar dans l’appartement de Suresh après s’être brièvement aperçu quelques épisodes plus tôt) et surtout la scène finale de la saison dans « How to stop an exploding man ? » (tout un programme pour rien) regroupant une bonne partie du casting. Alors que la musique sur l’ensemble de la série est aussi appréciable que discrète, les décors ne sont eux finalement que très bien exploités à l’intérieur pour être généralement moins bien peaufinés à l’extérieur.
que son père accentuera dans les futures saisons) et on commencera déjà à voir des choix de casting discutables. Mais le sujet principal, comme le nom du volume l’indique, ce sont les générations qui ont mis au monde ces enfants du XXIème siècle dotés de capacités exceptionnelles. Ils sont avant tout des parents dont les progénitures subissent aujourd’hui les conséquences liés à leurs pouvoirs. Et le fil rouge sera tissé par celui qu’on connaitra d’abord sous le nom de Takezo Kensei, puis d’Adam Monroe. Interprété par un convaincant David Anders (Julian Sark dans la série Alias), c’est le paradoxe du volume, étant lui-même immortel et ayant connu beaucoup de différentes générations (il est âgé d’environ 400 ans). Avec Angela Petrelli, Bob Fischer, Kaito Nakamura et Maury Parkman (les principaux parents visibles) on fera connaissance avec
le « groupe des douze » et la fameuse photo des créateurs de la compagnie qui chassent les gens dotés de capacités exceptionnelles. On apprendra crescendo que les parents étaient clairement plus engagés à leur époque et avec plus de projets (un rejet de Mai 68 dans Heroes ?), comme celui d’Adam qui consiste à propager le virus Shanti tuant 93% de la population mondiale et devenant donc l’intrigue du volume. Nous découvrirons aussi son rôle de meneur, de rassembleur pour un meilleur monde, pour les futures générations. C’est avec ce cerveau, ce visionnaire, et surtout ses visions démentielles qui peuvent être réalisables grâce à son pouvoir, que se relance cet écho de plaidoirie des parents. De la bouche d’Angela Petrelli par exemple, lors de l’interrogatoire musclé (psychiquement) par Matt Parkman « The truth ? The truth is that our generation mortgaged our souls to protect yours. Show a little respect for that ! ». Et puis dans un dernier élan de morale retardataire post-2005 on aperçoit, dans les nouveaux personnages, Monica, qui vit à la Nouvelle-Orléans (si vous n’avez pas lu mon papier sur Blacksad, tant pis pour vous).
commencera par rattraper le retard engendré par la grève des scénaristes et c’est donc le retour de la vingtaine d’épisodes. La première partie du scénario de cette saison, « it’s were it all begins », c’est donc un Peter Petrelli du futur toujours aussi puissant qui tente d’empêcher ce qui doit arriver d’arriver. En modifiant un événement (la fin du volume 2), il introduit «the butterfly effect». Comprenez qu’en tuant Nathan, il entraine une suite d’événements imprévus qui donneront entre autre la possibilité à Sylar (le vilain pas beau de la série, j’y reviens plus tard) de s’introduire dans les cellules du niveau 5. Par un malencontreux accident il va libérer les prisonniers détenus par la compagnie et donc permettre aux vilains de s’enfuir. Pendant ce temps se dessine la seconde trame du volume : Hiro Nakamura profite du bon temps dans le bureau de son défunt paternel (Kaito Nakamura, joué par George Takei et déja apperçu dans la série Star Trek) qui jusqu’à ce que ce dernier, par l’intermédiaire d’une vidéo posthume, lui révèle l’existence d’une moitié de formule qu’il doit défendre à tout prix. L’autre moitié étant revenue dans les mains d’Angela. Le Dr Zimmerman, ce docteur qui travaillait avec les anciens relance encore les vestiges du deuxième volume, « we were arogant, and selfish… and human » mais il est trop tard.
De part sa brève apparition, Zimmerman tend cependant l’occasion à Angela Petrelli d’expliquer l’importance de la formule, ce qu’elle donnera dans le futur qu’a vu Peter : la manipulation de l’ADN qui permet de donner des pouvoirs à n’importe quel être humain. La question étant maintenant de savoir qui veut mettre la main sur la formule ? C’est alors que les précieux rêves (car montrant le futur) de maman Petrelli viendront combler l’un des suspens les plus pesant depuis le début de la série, lors de l’épisode «Angels and Monsters », quand dans une scène aussi terrifiante que fascinante elle retrouve celui que nous ne pouvions apercevoir dans « le groupe des 12 ». La pièce manquante du puzzle : Arthur Petrelli (campé par un Robert Froster en demi-teinte profitant du statut de son personnage dans la série pour s’en sortir à bon compte). Il veut produire la formule, ce qui donnera un monde où les pouvoirs sont banalisés, où les gens deviennent violents et jaloux. On commence donc déjà à sentir un élan de déjà vu, Peter doit ENCORE (c’est la troisième fois) sauver le monde et une majeure partie de l’action (hors Sylar, j’y reviens encore plus loin) tourne sur les Petrelli dont les sauts d’humeur commencent à être ennuyeux. Tim Kring nous a présenté de multiples possibilités de chemins à prendre dans l’intrigue et aucun n’a été vraiment suivi.
C’est d’ailleurs un Petrelli (Nathan) qui lancera le volume 4 (toujours dans la saison 3) Fugitives en révélant au président des Etats-Unis (après que Peter ait sauvé le monde) l’existence de ces gens spéciaux et lui conseillant de les contrôler. Une solution finale qui évoque aussi le futur que Peter essayait d’empêcher. Chargé de l’affaire, Nathan introduira son pantin Danko (joué par Željko Ivanek, vu dans 24 heures chrono). Un homme sans pouvoirs mais avec un historique qui se prête bien aux motivations du job, un remplaçant de Noah Bennet, sauf que ce dernier est toujours là. Plusieurs situations redondantes se font donc déjà ressentir (on verra encore une bombe humaine) alors que plusieurs personnages commencent flirter avec l’ennuie (Claire et Tracy principalement). Le seul intérêt de la saison se fera dans la découverte de Coyotte Sands, lieu qui nous permettra d’en apprendre plus sur la jeunesse des parents, évoquée dans le volume Generations.
intégrant toute une nouvelle communauté (des forains) dotée de pouvoirs, mais sans lâcher des personnages de moins en moins persuasifs (Noah Bennet, Claire, Mohinder et la famille Petrelli, il aura quand même fallu plus de dix épisodes pour réussir à se débarrasser de Nathan après sa vraie mort) et en rabaissant le talent de certains ( comme perdre Sylar et Matt dans un jeu de Mastermind qui n’arrive même pas au niveau du pauvre Inception). A coté de cela les nouveaux personnages ne sont pas si convaincants (Emma, l’ensemble de la troupe foraine) excepté le très bon et charismatique Samuel Sullivan, joué par Robert Knepper (vu dans Prison Break). Mais le faux sosie de Johnny Depp ne suffira pas à sauver la série, plombée par une fin catastrophique probablement imaginée à la hâte en voyant l’ombre d’une non-reconduction approcher.
la révélation évidente de Zachary Quinto, aussi connu sous le doux nom de Sylar. A la base le casting est majoritairement composé de quasi-inconnus, pour ce qui est des principaux personnages. Excepté la mère Petrelli (jouée par Cristine Rose) qui a trouvé là probablement un de ses meilleurs rôles (après, entre autre, des passages éclairs dans Friends ou How I Met Your Mother) et les rôles secondaires voir épisodiques, la plupart des principaux personnages de la première saison n’ont fait que de brèves apparitions dans diverses séries. Parmi eux donc, Zachary Quinto qui débutât au théâtre et en aura surement déjà marqué quelques un sous le nom d’Adam Kaufman dans la saison 3 de 24 heures chrono. Ici c’est donc Gabriel Gray de son vrai nom, mais avec tellement d’alias : Sylar, le croque-mitaine, le patient zéro, le meurtrier, l’assassin, le malade… bref
vous l’aurez compris, le vilain, qui se permet en plus d’être beau. Sauf que quand vous trouvez quelqu’un comme Zachary Quinto pour vous mettre en scène la définition même du néo-psychopathe extra-antipathique doté d’une terrifiante dose de sarcasmes, vous obtenez un excellent méchant. Un futur Danny DeVito ? Un nouveau Heath Ledger ? Trop flatteur ! Le prochain Captain Vidal ? Un rejet d’Hannibal Lecter ? N’en jetez plus ! Il pourrait aussi bien donner une leçon d’acteur à Malcolm McDowell que revisiter le nazisme avec Christoph Waltz. Tous des grands méchants, bien sur, mais voici la relève ! Il aurait par exemple très bien pu prendre la place de Casey Affleck(dont il n’y a cependant rien à redire) dans la récente adaptation du roman noir de Jim Thompson, The Killer Inside Me.
sous le pied, il faut lui donner la place. Paroxysme du schizophrène rongé par l’éloignement qu’il a pu avoir avec ses parents, Gabriel Gray est un horloger qui développe des facultés bien étranges (comprenant aussi bien le mécanisme de notre cerveau que celui d’une montre) et qui vie en ermite fantasmant l’habilité que lui donnera le prochain pouvoir acquis en faisant grincer du crâne. Probablement un des personnages de série les plus sombres de la dernière décennie, il est aussi sordide que classe et aussi futé que sans pitié. Le « patient zéro » de Sandra Suresh sera tout au long de l’histoire un fil rouge requinquant tant son parcours est finalement détaché de la trame centrale et tant le jeu de Zachary Quinto convint à chaque apparition. Tant pis si c’est la seule raison qui peu finalement justifier Heroes, elle est amplement valable. Instable peut être (pour la série et pour le spectateur) mais mérité (pour le futur de l’acteur).
coup de fouet à la série, portant presque seul sur ses épaules l’audace d’un personnage mature. De plus en plus conscient que Sylar est populaire, les scénaristes se focaliseront sur son histoire, nous montrant une bonne partie de ses péripéties passées avec la compagnie (Elle et Bennet) ainsi que, dans le présent, sa rencontre (rendez-vous raté de la première saison) avec Claire pour être définitivement invincible. On se délectera de sa relation forcée avec Bennet, mais on aura quand même du mal à se prendre au jeu des Petrelli (père et mère) : lui faire croire qu’il est leur fils. C’est pour mieux apprécier une des dernières scènes du volume, face à plusieurs personnages dans les locaux de la compagnie, une sorte, encore une fois, de très bon thriller. Dans le volume 4, Fugitives, il aura encore une fois une place importante, voguant entre la recherche de son père (joué par John Glover) et son partenariat avec Danko, alors que dans le dernier volume (Redemption) il sera un peu
écarté car présent dans le corps de Nathan au début du volume et tiraillé par l’esprit de Matt. Mais Sylar vivra comme une consécration la fin de la série en devenant un « héros » car il sauvera Emma. Nous sommes donc loin d’un des futurs alternatifs où, en plus d’être le plus puissant de tous, il régnait en président des Etats-Unis trompant tout le monde entre autres grâce à son pouvoir d’illusion. Mais pour en rassurer certains, il reste cependant le plus puissant dès lors que Peter a perdu ses pouvoirs. Le plus charismatique, le plus puissant, le plus méchant, Sylar collectionnait les superlatifs en tout genre et Zachary Quinto confirma par la suite son talent en se voyant offrir le rôle de Spock dans le dernier Star Trek (dont on rencontre peu de personnes non convaincus par son jeu).
Et j’y viens. Les personnages, leurs histoires et leurs jeux sont les éléments centraux d’une série dramatique qui veut percer sur la durée : Heroes a passé le test et a échoué. Ce n’est pas une série comique où il est très difficile (et risqué) de se séparer d’un personnage principal (supprimer Chandler Bing, Barney Stinson ou Charlie Sheen pourrait soulever, aux Etats-Unis, plus de grogne populaire que la suppression des McDo). Mais ce n’est pas non plus, dans le registre dramatique, un casting où la présence d’un Tony Soprano, d’un Don Draper ou d’un Jack Bauer est très difficilement remplaçable tant le personnage est central et son acteur imposant. Excepté Sylar, Matt Parkman et Angela Petrelli il devient au fur et à mesure de la série difficile de justifier la présence des autres. Il aurait été plus osé de se séparer de Nathan (plus tôt), que de Zimmerman, Claude Rains (personnage dont la faculté d’être invisible fait référence à l’acteur du même nom qui joua dans le film de James Whale en 1933) ou Hana Gitelman. Certes les Heroes sont une communauté et il leur arrive de se croiser sur le chemin de l’intrigue, mais ils n’évoluent pas tous ensemble (au contraire par exemple des Sons of Anarchy ou des Sopranos). Il y a donc plusieurs axes, plusieurs groupes sur lesquels il était possible de travailler. On le verra avec les « novels » (plus loin dans le texte) mais aussi avec la carte de Mohinder fils et les dossiers du père, une pelleté d’autres personnes avec des pouvoirs auraient pu faire leur entrée dans le jeu et porter de nouvelles idéologies, de nouveaux projets au lieu de les laisser traîner sur des personnages changeant d’humeur comme Barney Stinson changerait de « suit ». Bien sur Tim Kring peut aisément
nous dire qu’il avait prévu de tous les utiliser à divers escients, au bout de huit saisons dans un épisode bien précis. Hum, malheureusement c’est trop tard. Peter Petrelli, quand il n’avait plus ses pouvoirs, aurait pu être mis de coté. Nathan aurait pu être définitivement supprimé lors de sa « première » mort. Le subterfuge de Tracy à la place de Nikki aurait pu être évité (on sent bien là la difficulté de supprimer un personnage car l’occasion était trop belle). Mohinder, Ando et Claire auraient dû prendre des vacances pour laisser plus de place aux anciens dont l’histoire fût finalement peu développée (et dont on compte maintenant les morts, Angela Petrelli étant l’unique survivante sur les douze). Comme dans la (génialissime, excellente et indémodable) série Spooks où le casting pivote presque à chaque saison depuis 2002 ou encore avec The Sopranos et Adriana, Big Pussy et Ralphie qui ont été des personnages clés pendant plusieurs saisons, mais qui ont su disparaître. D’ici j’entends déjà les hurlements de certains fans car j’ose avancer l’idée de supprimer certains personnages (d’une série morte). C’est bien le problème « teen » de Heroes. J’étais choqué de voir le corps inanimé de Ralphie Cifaretto, j’ai failli verser ma larme quand Tom Quinn est parti, mais pourtant on s’en
remet, cela fait parti intégrante du renouveau dans une série. Pour finir dans les exemples (mais il y en a d’autres), beaucoup n’auraient pas vu d’inconvénients à se passer de Noah Bennet, même si il y a là un contraste intéressant dans le fait qu’il soit un des rares sans pouvoirs (et sans scrupules !) à être encore vivant à la fin de la série. Paradoxalement son instinct protecteur envers Claire devient redondant au bout de la deuxième saison, trop faux, trop larmoyant. Le Lynette Scavo de la série. Jack Coleman n’est pas à remettre en question, mais son personnage n’a pas évolué dans le scénario.
Avant de repasser à autre chose (pour cet article j’ai interrompu la saison 4 de Mad Men qui vient de se finir, on est en pleine saison 3 de Sons Of Anarchy et Boardwalk Empire passe à la vitesse supérieure, Sheldon Cooper me manque, Kenny Powers aussi) et donc de clore toutes réflexions sur la série, je me permets donc d’évoquer l’intérêt que peuvent apporter les Novels à ceux qui ont regardé Heroes et qui se sont lassés au fil des saisons. Votre serviteur, qui s’était totalement détaché de la série depuis son arrêt, s’est plongé cet été dans ces compléments d’épisodes qui, sans être nécessaires, sont un petit second souffle (ils ne palieront pas à l’arrêt de la série). Les Novels ce sont ces petites bandes dessinés (graphic novel) qui commencèrent à paraitre sur le site de NBC le
mardi après la diffusion de chaque épisode (ils seront ensuite édités en livre). Initiées par Aspen Comics, ces aventures (entre 7 et 8 planches par épisodes) permettent de développer certaines histoires laissées de coté sur le petit écran. Un des avantages de ces novels (il y en a 173) est que si vous les découvrez uniquement maintenant (après avoir vu la série) ce n’est pas grave, ils ne sont pas nécessaire à la compréhension de l’histoire mais juste complémentaires. Clins d’œil, informations, nouveaux héros et nouvelles aventures sont au programme et cela a surtout permis de fouiller certains personnages. Imprégnés du même ton de couleurs et de dessins que les peintures dessinés par Isaac Mendez dans la série, les planches rappels évidement le format dit comics. Et c’est normal car ils sont souvent signés Micah Gunnell, Marcus To et Tom Grummett, mais pas Tim Sale (celui qui dessine à la place d’Isaac). Grace à ces habitués du coup de crayon DC et Marvel, les personnages de la série reprennent donc vie. Hana Gitelman évidement, preuve qu’il était possible de pousser l’intrigue du volume 1 beaucoup plus loin, mais aussi Candice, Claude Rains, Elle Bishop, Molly Walker ou encore l’histoire d’Adam Monroe totalement approfondie ainsi que celles des anciens. J’en passe et des meilleurs, il est temps.
se lancent directement dans une introduction sonnant comédie musicale très vite transformée en course poursuite dont la recette marche d’ailleurs très bien, même si une partie de la mélodie en milieu de chanson rend presque hommage à Arcade Fire. Vient ensuite une simple pop maîtrisée tout au long des cinq minutes de Sweet Impressions avec une bonne utilisation des cuivres et du clavier. Pari réussi, si ce dernier était de montrer les vives capacités du groupe car ils semblent avoir rangé leur appréhension pour oser plus grand et plus fort. Mais encore une fois, la production se fait très timide. Ce qui laisse tout de même un gout d’inachevé, on en est presque à les plaindre. Le chanteur (Högni de son prénom) n’a presque rien à envier au leadership de Win Butler mais poussera parfois à préférer la sérénité d’un Peter Von Poehl à défaut de ne pas jouer les Timo Kotipelto des bons jours (si l’on se restreint aux blonds nordiques qui le valent bien). Le groupe est organisé et on sent la cohésion qui penche vraiment vers la comédie musicale (désolé d’insister) comme sur l’excellente Feels Like Sugar menée par la somptueuse voix de la chanteuse Sigga. Alors de bonnes surprises en bonnes surprises on se délecte de la très tranquille Songs From Incidental Music et du duo crescendo de Montabone en passant par les (encore une fois très simples) récits de Stay By You et Hooked On Chili. Mine de rien l’album est quasiment fini et l’étrange 7 Years n’altérera en rien les mitigés derniers titres. Finalement le groupe utilise parfaitement son harmonie et sa diversité d’instrument (ce qu’Arcade Fire a raté dans son dernier album tout en maîtrisant beaucoup d’autres choses), on espère juste qu’il continuera son propre chemin sans lorgner sur l’autre continent. Même s’il est déjà évident que cette fanfare-orchestre (mais pas pour autant orgie anarchique) a tout pour réussir, la suite se fait vivement attendre.